*cHrOniQues éClEctIqUeS*

Des chroniques aux goûts très divers...

20 mai 2008

Algodon dulce

"Coton sucré", c'est le nom de la barbe à papa ici...

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Posté par cunegonde a pois à 00:34 - Curiosités culinaires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


10 avril 2008

Le maté

Ah depuis le temps que vous attendiez ce message, il est là…

On va essayer de vous expliquer ici de la manière la plus complète possible ce qu’est le maté, comment ça se boit, et l’importance sociale qu’il peut avoir chez les uruguayens.

*C’est quoi le maté ?*

Le maté, au sens large, est une boisson stimulante contenant de la caféine qui peut se boire chaud (en Uruguay) ou froid (au Brésil, on boit l'infusion refroidie, et au Paraguay il existe carrément une herbe plus sucrée qui infuse dans de l'eau avec de la glace). Au sens strict, le maté est le récipient qui contient la boisson. Il existe de nombreuses sortes de maté : le maté basique est constitué seulement de la partie inférieure d’une cucurbitacée, le porongo ou calabaza de peregrino, séchée et vernie à l’extérieur. Cette plante se cultive essentiellement pour cette utilisation.

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Porongo dans la plante Lagenaria siceraria ou L. Vulgaris

Selon le niveau de coupe du fruit, l’ouverture du maté est plus ou moins évasée. Il existe aussi des matés plus complexes : porongo recouverts de cuir, avec des signes ou des dessins sur les bordures, des écritures comme « Uruguay » pour les touristes, un plaquage de métal type argent sur le pourtour au niveau de l’ouverture… Il en existe aussi en madera (bois). Ils ont aussi des contenances différentes, selon la préférence de chacun. Les plus jolis sont selon nous les plus simples, juste le fruit sans décoration.
L’ anniversaire des 18 ans est l’occasion de recevoir LE
maté, celui qui restera le seul et l’unique de ta vie (au contraire de ce que Marine pensait, ce n’est pas comme des paires de chaussures, on n’a pas plusieurs matés pour en changer tous les jours). Comme le maté ne tient pas tout seul sur une table (normal il est rond avec une pointe côté non-ouverture), il existe le posa-maté : une sorte de trépied en métal ou un support en cuir dans lequel on pose le maté. Il existe aussi des posa-maté de fortune : rouleau de gros scotch, main, jambes…

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Là on voit tout bien, c'est le maté de Maria notre colloc de Montevideo (la description du reste du matériel suit)

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Le maté, c est comme la baguette magique : chacun le sien. Celui là, c'est celui de Marianela...

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...et là celui de Fatima

La boisson est une infusion d’herbe, appelé yerba maté. De manière similaire au thé, il en existe différentes sortes : plus ou moins fortes, aromatisées ou non (l’herbe à maté aromatisée, on a découvert ça ici à Artigas). Ce qui est fou c'est que le maté est ultra ancré dans les coûtumes uruguayennes mais la production d'herbe ne se fait qu'au Brésil, au Paraguay et en Argentine. L'Uruguay produit tout tout tout dans son pays, même les aliments peu consommés comme les galettes de riz, MAIS pas le maté... Pour les botanistes dans l’âme (Flore c’est pour toi), l'herbe à maté est plus précisemment l'Ilex paraguariensis. Attention, prononciation : quand on dit « cherba » ça veut dire l’herbe pour le maté, mais quand on dit « ierba », là c’est l’herbe qui se fume. Les uruguayens ont chacun leur herbe préférée. Par exemple, quand une mère de famille fait les courses, il peut y avoir dans son caddie trois paquets : celui de son mari qui le préfère plus fort, et deux pour elle parce qu’elle aime bien le moins fort nature mélangé à un peu d’aromatisé.

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Rayon maté à Tata (la honte quand j'ai pris la photo, plus touriste tu meurs): le mieux c'est l'odeur qui règne dans le rayon...

Les enfants ne boivent pas de maté, parce que c’est comme le café ça excite et puis c’est plutôt amer. Ils commencent à en boire à l’âge de 13 ans environ, et souvent leur anniversaire est l’occasion de recevoir une bombilla.

La bombilla est une paille en métal avec une extrémité aplatie pour boire et l’autre prolongée par une passoire, aplatie aussi. bombillaComme vous l’avez déjà sûrement compris, cette passoire est enfouie sous l’herbe dans le maté, de cette manière on peut aspirer l’eau sans aspirer d’herbe. La matière de la bombilla est variable et les prix aussi : en argent, avec ou sans ornementations en argent ou en or, en acier inoxydable... C’est joli, mais le problème (que j’ai trouvé) c’est que comme le métal est conducteur, la paille est vite brûlante et quand tu bois longtemps tu te crames les lèvres. Mais c’est comme ça depuis toujours, c’est pas moi qui vais révolutionner l’industrie du maté en introduisant des pailles en PVC.

Qui dit infusion dit eau chaude. Pour la garder ainsi toute la journée, les uruguayens ont tous un thermos, personnalisé, avec des autocollants dessus. Une des originalités de l’Uruguay est qu’on peut acheter de l’eau déjà chaude dans la plupart des endroits publics (dans les campings, dans les kiosques qui vendent de la nourriture rapide, à  la Fiesta de la Patria Gaucha il y avait un stand exprès…).

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Ensuite, moins indispensable mais qui existe pour quand  tu pars en voyage ou en promenade : la matera ou sac à maté. Dedans tu peux mettre ton thermos d’un côté et ton maté de l’autre.

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Et puis y aussi le plateau à maté : une plaque en bois surmontée d’une poignée verticale, avec deux encoches rondes pour accueillir le thermos et le maté, pour les gens très mobiles.

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Ca c est le maté de notre collègue Gonzalo dans sa voiture

Et puis encore des accessoires inespérés, comme la lumière-portable-pour-servir-le-maté-dans-la-voiture, parce que le plafonnier est mal placé. (même si une loi interdit de boire le maté dans la voiture)

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Toujours dans la voiture de Gonzalo, il est vraiment très ingénieux cet ingénieur

*Ca se prépare comment le maté ?*

Quand tu achètes ton maté, il faut d’abord préparer le récipient (qui est une plante je le rappelle) à recevoir l’infusion, sinon la boisson est trop acide et ça décalque les intestins.

La première nuit, il faut laisser de l’herbe avec de l’eau chaude dans ton maté. Le matin, tout enlever.

La deuxième nuit, il faut laisser de l’herbe avec de l’eau chaude dans ton maté. Le matin, tout enlever.

La troisième nuit, il faut laisser de l’herbe avec de l’eau chaude dans ton maté. Le matin, tout enlever.

Ensuite, il faut curer la partie superficielle du maté, et la jeter.

Remplir d’herbe au trois quart, puis renverser sur le côté le maté en protégeant l ouverture avec la main, de manière à ce que l herbe ne soit que sur la moitié. Verser un mélange moitié eau froide-moitié eau chaude pour que l’herbe s’imbibe et gonfle.

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Au bout de 5 minutes, verser de l’eau chaude sur un des deux côtés du maté, celui sous lequel la bombilla est enfouie. Puis boire.

Quand le maté (la boisson) n’a plus trop de goût, on dit que l’herbe est lavée "El maté está lavado". C’est le moment de changer de côté la bombilla - dar vuelta la bombilla -, de manière à conserver le goût de l'infusion plus longtemps, et ça recommence… Quand le deuxième côté est lavé, on vide et on remplit d’herbe neuve. C’est d’ailleurs encore une des particularités rigolotes de l’Uruguay : il est courant de croiser dans la rue des poubelles remplies d’herbe mouillée

*Ca se boit comment le maté ?*

Il y a un rituel pour le maté. Au début, on avait l’impression que c’était sans règle, mais en fait c’est très codifié. On connaît tout ça depuis seulement deux semaines, depuis que nos collocs nous ont véritablement initiées en nous faisant partager leur maté. Oui parce que le maté ne se boit pas : il se partage. A deux, à trois, à quatre… entre amis, entre collègues en réunion de travail, il y a toujours un maté pour plusieurs personnes. Ce principe naturellement établi donne lieu à des conversations entre amis du genre : « Tu prends le thermos, je m’occupe du maté d’accord ? » ou encore, dans le bus : « Non tu peux pas te mettre ici, je dois être à côté de lui parce qu’on partage le maté ».

Une seule personne prépare le maté, el cebador. Il y a même un verbe qui à lui seul veut dire « préparer le maté » : le verbe cebar.

El cebador ouvre le thermos, verse l’équivalent de 5 gorgées d’eau dans le maté. Ensuite, il approche sa bouche de la bombilla et sirote toute l’eau de la boisson, à petites gorgées, tout en discutant. On sait qu’il a fini quand on entend le bruit caractéristique de l’air qui passe dans la bombilla, ça fait comme un slurp aspiré avec plein de salive entre les dents et les joues (je suis sûre que vous êtes en train d’essayer pour voir). A ce moment là, il reverse de l’eau, et passe le maté à son/sa voisin/e. Car le maté ne se demande pas, il se reçoit comme un présent. Ce dernier ne dit pas merci au cebador (no da un gracias), parce que sinon ça veut dire que c’est la dernière fois qu’il le prend . En effet, si jamais on devait dire merci chaque fois qu’on nous passe le maté, on le dirait mille fois par jour. La personne qui l'a reçu boit le maté, le redonne au cebador qui rajoute de l'eau, le donne au suivant, et ainsi de suite toute la journée.

Il y a aussi des cas où le maté se boit très perso : quand on étudie, qu’on révise des partiels ou quand on travaille. Là, le maté devient ton seul compagnon, celui qui t’accompagne et te soutient dans ce dur labeur…

*C’est quand et c’est où qu’on boit le maté ?*

Toute la journée, en tout lieu, on peut voir les uruguayens avec leur thermos sous le bras et leur maté rempli d’herbe à la main, dans la rue, dans le bus, dans les gradins de la Fiesta de la Patria Gaucha, sur un banc ou une chaise pliante dans les parcs ou devant leur maison (d’autant plus entre 18h et 22h, où les gens se réunissent pour discuter en regardant les autres gens passer, qui ne passent pas puisqu’ils sont assis devant leur propre maison, mais bon).

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Maté posé dans une camionnette lors d'un déplacement

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Maté à la Fiesta de la Patria Gaucha pendant les rodéos

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Maté en sortie "al campo". Vous ne trouvez pas que Gonzalo ressemble à Romain Duris ? A droite, c'est Marianela.

*Est-ce que c’est BON le maté ?*

Ouiiiiiiiiiiiii c’est chaud, c’est amer comme un thé très infusé mais ça laisse un goût très agréable. Bon d’accord, la première fois on a un peu eu la sensation d’avoir un cendrier dans la bouche. Mais c’est comme le café, on a re essayé et maintenant on est fan, on va même bientôt s’en acheter un. Par contre, les gens nous disent toujours « Vous n’aimez pas ça hein, c’est trop amer ? » alors que non, maintenant on a des palais d’uruguayennes. Mais par-dessus tout, ce qui est agréable, c’est le contexte convivial dans lequel ça se prend, c’est un échange permanent… Je te le prépare, je te l’offre, et tu dégustes…

PS on est bien vivantes mais l Uruguay est  victime d une panne internet ADSL généralisée

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17 février 2008

La milanesa napolitana y el dulce de leche

Ce matin, après notre première grasse matinée depuis notre arrivée (une semaine !), Marta, Americo, Luciana une de leur fille de 23 et Francisco leur fils de 8 ans sont venus nous chercher en voiture pour manger au resto juste à côté de l’INIA, au croisement où on tourne à gauche pour aller dans le centre ville. On a pu donc tester de nouveaux aliments plus ou moins typiques…

La milanesa napolitana : typique d’ici seulement pour la qualité de la viande (super tendre)… panée, avec par-dessus tomates, jambon et fromage fondu… riquissimo

Alfajor : un dessert très bourrin… on a pris une part avec Pip’, et on était « pleines » (oui on dit comme ça ici, estamos llenas ça veut pas dire qu’on est bourrées)… c’est une tarte constituée d’un empilement alternatif de biscuit feuilleté et de dulce de leche, recouvert de chantilly meringuée sur 3 cm… Parce que la dulce de leche, il y en a dans TOUTES les pâtisseries ici… c’est la confiture de lait française, mais tout le monde en mange et il y en a plein de différentes dans les supermarchés. Il y a encore un litige entre les Argentins et les Urugayens, pour savoir qui fait la meilleure…

Chaja : c’est une sorte de gâteau boule recouvert de sucre glace, un mélange amalgé de meringue et de fruit, par exemple de la pêche, avec de la dulce de leche bien sûr.

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16 février 2008

El ASADO qu’est ce que c’est ??

Bien sûr comme dans toutes les garden party uruguayennes, on a mangé el asado. On n’a pas osé dire à Humberto qu’on en avait déjà mangé hier soir au resto parce qu’il avait l’air tellement content de nous faire découvrir ça lui-même (vu qu’on en avait parlé quand on était arrivées). On a donc fait semblant que c’était la première fois. (et on est des actrices très douées)

Asado, à la base ça veut dire « côte », mais comme les gens le mangent grillés au barbecue, c’est devenu le nom pour « grillades », et on parle d’asado pour plein de types de viande tous meilleurs les uns que les autres :

* choto : boudin, qui existe en dulce (sucré) ou salado (salé). On n’a goûté que le salé.

* chinchulin : tripes de vache (pas si bon que ça : croquant et très gras, très très fort, on a l’impression d’être dans une étable quand on en mange). J’étais un peu déçue, moi qui raffole des tricandilles…

* un (une ?) viscère non identifiée qui ressemblait à un mini-œsophage. Pas très bon hein…

* chorizo : c’est pas comme chez nous une saucisse sèche piquante, mais plus comme une saucisse très grasse avec des morceaux de viande entier. Il en existe faite à base de viande de vache, ou de viande de porc, ou les deux mélangés. C’est ce que je préfère…

* et puis la classique viande de vache grillée… ce sont les côtes qu’on mange.

 NB Au passage, je tiens à signaler qu’ici on ne MENT PAS aux gens comme en France. On nous a dit qu’on mangeait de la viande de vache et non pas de la viande de bœuf, ce qui n’est pas vrai…

Par contre au regret de Pip’, ça se mange avec seulement du pain, et très peu d’accompagnement « vert » : des frites ou quelques tomates, saupoudrées d’origan… Ca manque un peu de moutarde… mais il y a de la mayonnaise ou alors el mojo, une sauce à base de beurre, d’origan, de persil, et d’ail qui rappelle légèrement le beurre d’escargot. ¡Muy rico!

La personne qui fait le barbecue s’appelle du coup el asador. C’est vraiment bien l’espagnol, parce qu’en français, le grilladeur ça sonnerait vraiment ridicule…

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15 février 2008

Le conditionnement des aliments

A part les quelques spécialités qu'on mange de temps en temps, on ne ressent pas trop de dépaysement culinaire. Tout ce qu’on mange en France peut se trouver dans les supermarchés. Par contre, ce qui est génial, c’est que les emballages sont plutôt surprenant : yaourts liquides – avec plein de choix de parfum – et lait sont dans des sachets mous ! Pareil pour les sauces, on a acheté de la mayonnaise aujourd’hui dans un sachet mou… et ça nous fait bien rigoler…
Enfin, parfois, les emballages sont trompeurs. Par exemple quand on a acheté ce qu’on croyait être du jus d’orange, parce que la brique ressemblait à celle de France. Et bien non, en l’ouvrant à la maison on a découvert que c’était du lait de soja aromatisé à l’orange…c’était écrit en tout petit sur la brique, et on pouvait pas savoir que ADES (le seul truc marqué en gros) était une marque de produits à base de soja…

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El choclo et autres délices végétariens

Tous les midis, on a va acheter à emporter et on mange à la oficina. Il y a plein de petits restos partout, avec pleins de trucs, on a envie de tout goûter…
Petit aperçu de ce qu’on a déjà testé : el choclo, une tarte feuilletée avec de la crème de maïs à l’intérieur ; la empeñada, une sorte de chausson en pâte sablé fourré au jambon et au fromage ; la gallette aux œufs et aux épinards (il y a beaucoup de plats cuisinés à base d’épinards ici, c’est très très courant) ; l’ «escalope de soja » en beignet ; la figazza, une tarte avec une pâte à pizza très épaisse et recouverte d’oignon. Et on en a encore plein d’autres en vue…

Pas d’inquiétude cependant pour tout ceux qui pensent qu'ici c'est le paradis de la viande, on va bientôt essayer el asado, qui fait la célébrité du pays…

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12 février 2008

El maté

A venir...

Posté par cunegonde a pois à 20:08 - Curiosités culinaires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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