*cHrOniQues éClEctIqUeS*

Des chroniques aux goûts très divers...

14 juillet 2008

On part...

ON A TOUT FAIT RENTRER dans les sacs et nous voilà parties, 23h30, compagnie Belgrano, arrivée Buenos Aires demain matin 8h... A bientôt...

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Nosotros, de uruguayos y carnaval

2h06. Je suis assise sur mon lit dans l'auberge Che Lagarto, Plaza Independenzia, Montevideo. C'est le grand luxe, je bénéficie d'une connexion Wifi qui me permet d'écrire ce message en direct. Nous venons de passer notre dernier jour complet sur le territoire uruguayen. Je suis tiraillée entre la tristesse de quitter ce pays auquel je me suis attachée, et l'excitation du voyage qui nous attend...

Après un road trip sur la côte sauvage des plages du sud-est du pays, département de Rocha, comme un dernier aperçu des merveilles dont recèle l'Uruguay, nous sommes depuis hier et
seulement encore pour demain à Montevideo, où nous clôturons notre séjour. Mais raisonnent encore dans nos têtes les noms magiques de Santa Teresa, Punta del Diablo, Valizas, Cabo Polonio, La Pedredra... Mais il est tard, j'ai réellement la flemme de télécharger des milliards de photos, mais je vous montrerai un jour ces lieux qui valent la peine d'être connus, qui valent bien plus que Punta del Este dont tout le monde ne fait que parler. Je préfère vous raconter ce qu'on a fait ce soir.

Ce soir, on est allé au cinéma. On a eu la chance d'arriver à Montevideo les deux derniers jours du 10e Festival de Invierno (Festival du Cinéma d'Hiver), où ils passent tout pleins de supers films, de tous les pays, dont même des films français trop chouettes (U, par exemple pour ceux qui connaissent).
Déjà, j'étais trop heureuse d'aller à la Cinemateca 18, parce que j'aime le cinéma tout court.
Mais en plus, on a vu un documentaire excellent, de Paola Perkal et Sofia Riggen, une coïncidence extrême en ces derniers jours du voyage.

Nosotros, de urugayos y carnaval.

Un film rempli d'une grande partie de tous les petits détails qu'on a découvert sur les uruguayens. Un film qui parle de l'identité uruguayenne, de l'importance du Carnaval de Montevideo. 
Un film constitué d'images colorées, de sons percussionnés, de chants engagés. D'interviews d'un groupe de personnes qui exercent des métiers différents, vendeur chez ANCAP (l'entreprise nationale qui a le monopole du pétrole), éducateur, historienne, artiste plastique, metteur en scène de théâtre... mais qui se rejoignent tous au niveau de leur implication dans le folklore uruguayen, qui se manifeste essentiellement une fois par an, pendant les 40 jours du Carnaval Uruguayen, le carnaval le plus long du monde. Carnaval qui se caractérise par ...

... les Murgas uruguayas *La Murga uruguaya est un genre de théâtre-musical satyrique, chanté, joué et mis en scène par un groupe de 13 à 17 personnes portant des costumes incroyablement élaborés, qui par leur chant très puissant et très articulé conte des histoires critiquant sur un ton humoristique la situation politico-sociale du pays de l'année passée*...

... les Llamadas de tambores et Candombe* le Candombe est une pratique musicale et artistique populaire
afro-uruguayen, né de l'apport des africains appartenant à divers groupes ethniques et culturels amenés comme esclaves pendant l'époque coloniale. Le coeur du Candombe est le tambour, qui au nombre de dix, cent ou mille, rythme, conte et résonne au son de la main et de la baguette qui le battent. Le Candombe se manifeste pendant les llamadas de tambores, véritables cérémonies de rue, défilés de percussionistes en transe et de danseuses tous costumés, qui envahissent les rues de Montevideo*...

Un film qui, même s'il n'évoque pas l'intérieur du pays dont nous avons eu la chance de découvrir le charme  en y vivant au cours de ces 5 derniers mois, nous laisse comme un goût de nostalgie...

Nous étions arrivées en Uruguay le 10 février, et le soir même, encore chamboulées par le léger décalage horaire et le changement brusque de saison, nous nous étions retrouvées projetées avec plaisir et étonnement parmi une foule d'urugayens buveurs de maté, devant un spectacle haut en couleur auxquels nous ne comprenions rien. Mais nous avions bien saisie que les uruguayens eux, s'identifiaient parfaitement à ce qui se déroulait sous nos yeux, riaient, chantaient, réagissaient.
Et aujourd'hui, 13 juillet, nous voyons ce film. La fin rejoint le début. Le film conclusion par excellence. Mais aussi l'ultime déclencheur de l'envie réelle de revenir un jour, pour vivre pleinement l'Uruguay pendant le carnaval, et peut-être y retrouver un quotidien comme celui que nous avions réussi à apprivoiser.

La bande-annonce du documentaire, c'est


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10 juillet 2008

Roman-photo-WE deux semaines en arrière

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09 juillet 2008

Roman-photo-WE trois semaines en arrière, #2

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Roman-photo-WE trois semaines en arrière, #1

Si vous ne voyez pas bien la vignette, il suffit de cliquer sur l'image pour l'agrandir...

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26 juin 2008

2 +1 = 3...

Depuis ce week-end, nous ne sommes plus deux, mais trois...
Nous vous présenterons plus longuement Tsiky - ou Christelle pour le commun des mortels - prochainement, car elle fait désormais partie du voyage...

Une présentation très brève...

Tsiky aime les rayures et les grimaces...


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... fait des acrobaties sur les murs colorés en n'importe quel lieu insolite...

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... aime les ombres et leur univers poétique...

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... prend des photos magnifiques...

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... et tricote comme personne...

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Il y aurait encore des miiiiiiiilliers de choses à dire, mais le bus pour Bañado de Medina n'attend pas...

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19 juin 2008

Récit d'un week-end à la frontière #2

Ca fait un moment que vous attendez la suite hein ?? C est pour vous mettre dans le bain de l'Uruguay, oú l eau chaude est remplacée par une attente perpetuelle...

Retour à Rio Branco centre « côté pont », où nous nous baladons dans les nombreux free shops avant qu’ils ne ferment. A 19h, la ville est vide. Nous partons chercher l’animation dans l’autre centre de Rio Branco, à 10 minutes en voiture. Nous découvrons avec surprise que Sonido Profesional, un groupe de cumbia extrêmement célèbre à Artigas où on l’a découvert, passe ce soir… Contentes d’avoir trouvé quelque chose à faire, on achète des places… Puis on passe un peu de temps dans un cyber, car entre 2h du matin et 19h30, le temps est long… Mais heureusement, le taxi que nous attendons pendant deux heures dans le froid contribue à diminuer l’attente. Nous mangeons dans un restaurant très joli dont le menu était écrit en brésilien (c’est dire l’influence frontalière) et complètement vide. Mais où on a regardé le dvd du Cirque du Soleil, ça c’était chouette. Malheureusement, nous nous endormons ensuite à l’hôtel en attendant que le concert commence. Le froid extrême nous ayant dissuadé de sortir de nos couvertures, nous sombrons dans un sommeil profond, jusqu’à 7h00 du matin le lendemain : après avoir parcouru les rues vides de Rio Branco, nous partons pour une visite matinale de Jaguaraõ, la ville brésilienne de l’autre côté du pont…

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Rio Branco matinal : vide

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Impossible de trouver un bar pour petit déjeuner dans cette ville inerte sans l animation des Free Shops

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Heureusement que de l'autre côté du pont...

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... on a trouvé le meilleur petit déj brésiliendu monde au soleil...

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On dirait c'est une place super touristique, mais en vrai non hein, mais c'est très joli

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Au bout de deux heures on avait tout vu, alors on a grimpé les marches...

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... et on a repris le pont direction l'Uruguay...

De retour à Rio Branco, il est 10h30, les rues sont remplies de marchands et de brésiliens qui viennent acheter des parfums chics, des fours par quinzaine et des vêtements de marque dégriffés.

 

Après avoir désespéré pendant une demie heure, notre bus arrive enfin… Et oui on repart déjà, il est 11h du matin, mais si on veut pouvoir rentrer à Bañado Medina, on doit attraper l’unique bus de la journée à 14h30 à Melo…

 

Malgré un voyage d’à peine plus de 24h, on a eu l’impression de partir une semaine. Grâce à tous leurs transports qui arrivent en retard, les uruguayens ont trouvé le moyen de décupler le temps

 

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18 juin 2008

Récit d'un week end à la frontière #1

Le week-end dernier, nous sommes parties vers la ville la pluuuuus à l’est du pays : Rio Branco, une autre ville frontalière avec le Brésil, avec son pont, sa rivière Jaguaraõ et ses free shop… (mais c’est pas pour ça qu’on y est allées).

Partir de Bañado de Medina (là où on habite) pour Melo, c’est l’expédition : il y a deux bus par jour, un à 9h et un à 21h. Nous avons donc mis le réveil très tôt pour un samedi matin, on a marché pendant une demie heure sur l’allée qui mène à la route et qui ressemble étrangement à l’allée Bretignères, et on est parties mourir à l’arrêt de bus, dans le vent et le froid au milieu de nulle part pendant une heure, car ce bus n’est jamais à l’heure.

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Là on rigole pour la photo mais en vrai on était en train de péter un plomb

 

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Heureusement qu’on a vu des gauchos trop classe. Vous noterez qu’avec le froid, un nouvel accessoire est arrivé : le poncho du gaucho (héhé ça rime)

Le bus qui arrive en retard, c’est comme les filles qui se font désirer lors d’un premier rendez-vous : quand il arrive, c’est le soulagement et l’euphorie qui fait qu on est trop sympa avec le guardia (l équivalent du controleur de la SNCF mais en sympa qui te porte ton sac dans les soutes) et qu on le prend presque dans nos bras.

Arrivées à Melo : nous menons la désormais classique enquête auprès de toutes les agences de bus, et nous voilà parties pour Rio Branco…

Et comme à Rio Branco, il n’y a pas de mouvement, je laisse les images vous conter notre passage par cette ville phantôme… 

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Un des paysages classiques qu on peut observer sur les routes uruguayennes près de la frontière brésilienne : ces monticules sont extrêmement dur, ce sont des structures calciques élaborées par une espéce particulière de fourmis. Elles apparaissent dans des zones cultivées dans des conditions extrêmes qui épuisent les sols, type riziculture. Et comme il y a une importante production de riz au Brésil et à la frontière, voilà...

Quelques heures sur la plage de Lago Merin, à une demie heure de Rio Branco, un endroit désert et paradisiaque...

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Notre bus

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Lago Merin c est un graaaaaaaaaaaaaand lac à l'est du pays, une réserve d'eau classé à la FAO avec une jolie plage de sable fin

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Après une courte sieste sur la plage, nous repartons pour Rio Branco...

La suite au prochain message...

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07 juin 2008

Nous voilà installées à Bañado de Medina

Avant d’amorcer ce long récit, je tiens à vous informer que long signifie loooooooooooooooong, mais il n’y aura pas souvent de message. Il y a des parties si vous voulez morceler votre lecture…

*Bañado de Medina*

Ceci est le VRAI nom de la station où nous habitons. Quelques précisions avant de vous décrire notre nouveau nid d’hiver…

Bañado, ça veut dire quelque chose comme « marécage », en tout cas un endroit où il y a de l’eau stagnante. Dans la vie de tous les jours ça veut dire il fait froid ET humide, donc un froid qui rentre jusque dans les os…

Medina, c’est le nom d’un mec qui a fait on-ne-sait-pas-quoi. Moi ça me fait plutôt penser à mon pote Jérémy, pour Pauline ça réveille plutôt des chansons de jeunesse (« Juste un morceau de sucre qui aide la MEDINA couler… la mediNA couler ééééééééééé, mediNA, couler…. »).

 La station fait environ 900 hectares, il y a plein de petites maisons en pierre, des bureaux, un élevage de vaches laitières et tout ce qui va avec (tous les matins, on traverse les champs au soleil levant pour aller chercher notre lait à la salle de traite), des champs, des champs, des champs, des serres avec des plantations de mille variétés d’arbres à différents stades physiologiques, et aussi des graaaaaaands arbres avec des oiseaux exotiques verts qui font plein de bruit, et des chevaux qui broutent sous notre fenêtre au petit matin…

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Notre hÂvre de paix

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Notre maison

 *On va travailler pour de vrai*

En ce qui concerne l’Unidad de Extensión (rappel : la partie de l’Université de l’Uruguay qui nous a accueilli en stage) de Cerro Largo où nous avons atterri : on est enfin encadrées !! Après José Enrique le vieux mou tout nul qui nous ignorait royalement, nous voilà en compagnie de Jimena, jeune femme de 24 ans ultra dynamique à la coupe garçonne d’un noir de corbeau et au visage enfantin, qui du haut de ses 1m55 s’est fixé comme but ultime de nous faire connaître pour de VRAI l’Uruguay… enfin du moins le plus qu’elle pourra pour rattraper l’incompétence de ses collègues du Nord du pays…

Elle nous a tout d’abord présenté l’essentiel, ce qui n’avait encore jamais effleuré l’esprit de personne : nous expliquer le fonctionnement de l’Universidad en y intégrant Extensión … Enfin le mystère est levé. Nous pouvons enfin mieux nous situer, confirmer et compléter ce que nous avions compris de nous même.

Le service Extension est une des trois fonctions que développe l’Université. Il convient de préciser qu’en Uruguay, les études universitaires sont malheureusement toutes concentrées dans la capitale. Les étudiants voulant les suivre sont contraints de voyager jusqu’à Montevideo ou à s’y installer, vu qu’il n’y a qu’une seule Université, qui propose les mêmes domaines que ceux que nous avons en France. Ceci constitue un obstacle pour les étudiants de l’ « intérieur » du pays – l’équivalent de la « province » française – dont la famille n’a pas les moyens de payer le transport et/ou un logement à la capitale, ou qui n’ont tout simplement pas envie de quitter le foyer familial. C’est ainsi que par exemple les jeunes d’Artigas ou de Salto se retrouvent majoritairement notaires, avocats, agronomes, infirmières ou maîtresses.

L’Universidad développe donc Extensión, conjointement à l’Enseignement et à la Recherche, les deux seules fonctions que nous avons en France. Extensión consiste à mettre en place une relation entre l’Université et la société par le biais de projets, à réaliser un travail de terrain visant à développer quelques sujets que ce soit en relation avec la société, en y associant un échange de connaissances.

Travaillent au sein de ce service des étudiants, des « docentes » (sorte de professeurs en formation continue) et des « egresados » (diplômés) en plusieurs domaines : agronomie, psychologie, sciences sociales, communication. Humberto Tommasino – notre contact initial – est le grand chef de ce service, il travaille dans le Bureau Central se trouvant dans la capitale (là où nous avons passé notre première semaine). Il y a également des Unités dans d’autres départements du pays. Le travail proposé est réalisé à un niveau local, et a pour objectifs de faciliter le rapprochement, d’obtenir une meilleure connaissance de la réalité locale et de ses besoins, ainsi que de générer des propositions de travail alternatives, en coopération avec les acteurs locaux.

L’existence de ces Unités est une des illustrations du processus de décentralisation qui s’est amorcé récemment en Uruguay, et qui ne facilite pas le fonctionnement autonome de certaines unités qui se voient attribuer des responsabilités de décisions alors qu’elles étaient jusqu’alors habituées à recevoir les ordres de la capitale. A Tacuarembó par exemple, on a compris récemment qui était la personne qui aurait dû se charger de nous et qui nous a allégrement laissées moisir à l’INIA sans se manifester, pendant que nous prenions notre voisin Rodolfo (frais de 2 mois sur son poste) pour notre éventuel responsable, alors qu’il ignorait autant que nous ce que nous avions à faire… A Artigas, on était bien au sein de l’Unité d’Extensión du département, mais notre responsable nous a laissées livrées à nous même… Jimena a bien résumé la situation au directeur de la station que nous avons rencontré ce matin (un homme grand avec une casquette COLEME – la coopérative de laitiers de Melo – une chemise à carreau rouge comme c’était la mode quand j’avais 13 ans, une moustache et des cheveux blancs, et surtout un tout petit maté étroit et aplati qui se met à siffler quand on ne le boit plus…). « Elles ont été autodidactes jusqu’à maintenant, j’ai envie qu’elle parte de l’Uruguay avec un aperçu concret de ce que sont ses productions et ses particularités… »

Résultat, ça fait quatre jours qu’on est là, et on a déjà :

*planifié le travail qu’on va réaliser ici : un recensement des laitiers qui vendent le lait cru à l’encontre de la loi interdisant cette vente, c'est-à-dire les localiser dans le département ; caractériser leur contexte social et leur production ; comprendre les raisons de ce mode de commercialisation. En gros, c’est ce qu’on a fait à Artigas les deux dernières semaines en rendant visite à une dizaine de producteurs laitiers des environs de la ville.

*évoqué les visites qu’on va faire pour connaître le département : l’abattoir « Pull », l’usine à laquelle la coopération de laitiers de Melo vend sa production, quelques exploitations d’élevage de viande bovine (ENFIN on va voir des gauchos à cheval dans le contexte du boulot…), une exploitation forestière (premier département pour nous où on rencontre cette production), un silo à riz (pratiquement toute la zone frontalière avec le Brésil est caractérisée par une activité rizicole, mais à Artigas on n’avait pas eu l’occasion d’aller voir)…

 C’est chouette

 

*Notre vie sociale*

En plus d’avoir un super contexte de boulot dynamique, on s’entend très bien avec Jimena et son copain Nicolas, étudiant en géographie grand, mince et barbu aux petits lunettes rondes, qui pourrait passer des journées entières à lire des cartes… Montevidianos (de Montevideo), ils habitent tous les deux dans cette station reculée du monde, dans une maison en pierre et en bois rustique pleine de couleurs qu’ils ont retapés à leur image. Ils sont très intéressants et intéressés par le fonctionnement social, politique, et culturel de la France, ils n’écoutent pas de la cumbia mais de la bonne musique… Ca fait plaisir de rencontrer des jeunes qui nous ressemblent au niveau des centres d'intérêts. Ce soir on va tous les 4 au cinéma à Melo (aaaaaaaaaaaaah enfin après 4 mois d’abstinence) voir un documentaire sur un groupe de rock engagé très emblematique de l'Uruguay : La Tabaré.

Nous, on habite dans une autre grande maison en pierre, on a une cheminée et des fauteuils très agréables dans une salle commune, où on passe pour le moment la plupart du temps de nos journées, lisant ou tricotant... Les cuisinières de la station nous concoctent de bons petits plats et nous laissent des tonnes de viande pour ne pas qu’on meurt de fin le week end… Le cadre est paisible, un endroit agréable pour passer l’hiver

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Pauline, entreteneuse en chef de notre unique source de chaleur...

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03 juin 2008

En partance pour (Méli) Melo

Non non non, nous n'avions pas disparues ces deux dernières semaines : on a été très occupées par la fin de nos entretiens avec les producteurs, la rédaction de notre rapport (dans l'indifférence la plus totale de notre responsable qui ne nous as jamais demandé ce qu'on avait fait), et bien sûr les multiples despedidas (fêtes de départ) qu'on nous avait organisées...

Là il est 10h55, à 12h on saute dans un bus direction Tacuarembó où on espère trouver une correspondance pour Melo... Enfin Melo... el Balneario de Medina, qui n'est pas une super station balnéaire mais une station expérimentale de la Universidad de Agronomia, à 30 km de la ville dans la campagne. Ultime étape de ce stage itinérant, d'où on vous confirmera notre arrivée si on a du señal (du réseau téléphonique) ou la red (du réseau internet), parce qu'apparemment, on sera plutôt isolées...

A bientôt...

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